[Test] Oblivion
Tout comme son prédécesseur Morrowind, Oblivion se veut un RPG très immersif. Avec sa vue a la première personne et une 3d hallucinante de beauté, Oblivion est de ce point de vue là une réussite totale. Les architectures, les villes peuplés, les intérieurs comme les extérieurs, sont superbes. Les dialogues entièrement parlés par des acteurs rendent le jeu diablement prenant, on s’y croirait. Le bestiaire lui aussi à été remanié depuis Morrowind et les animations sont plus souples que jamais. Techniquement parlant et sur les pc actuels Oblivion tout détails à fond, est un des plus beaux jeux de rôle médiéval à ce jour. Si on cherche à le critiquer ce n’est donc pas sur le plan technique qu’il faut chercher mais bel et bien sur le cœur même du jeu.

Bethesda à toujours opté dans ses jeux de rôles pour un système d’évolution « libre ». En fait pas de point d’expérience à gagner en combat, ni même à la résolution de quête. De plus, l’évolution de votre avatar se fait « naturellement ». Plus vous utilisez l’arc, plus vous devenez bon à l’arc. Plus vous courez plus vous devenez rapide. Ce system génial qui a fait les beaux jours des Elder scroll, semblent vraiment arrivé à bout de souffle pour ce dernier épisode. Car si je devais donner mon sentiment dominant pour Oblivion après 200 heures de jeu, c’est bien « ennuie » qui me viendrait à l’esprit. Et c’est bien dommage d’ailleurs car difficile de lâcher ce jeu temps la réalisation est vraiment excellente et que certaines idées ça et là redonnent de l’intérêt au jeu mais hélas, dans de trop rares occasions.
Les combats en premier lieu sont totalement inintéressants. En grande partie du fait que le niveau de vos adversaires se calque sur le votre. Du coup quel est l’intérêt de faire évoluer son personnages si 50 heures plus tard vous avez autant de mal (ou de facilité) à tuer un minotaure ? Comme il n’y a rien à gagner en XP pour un combat et que les objets sur les cadavres sont quasiment toujours les mêmes et sans surprise, on ne souhaite qu’une chose, c’est de les éviter le plus possible. Il en va de même pour l’exploration. Trouver en se baladant une grotte ou une crypte à visiter est toujours un sentiment grisant, surtout si on peut y trouver des armes, armures ou objets intéressants. Malheureusement dans Oblivion, il n’y a rien dans les coffres. Vous pouvez ouvrir 10 000 coffres ou caisses, vous trouverez inlassablement la même chose. Deux ou trois ingrédients, 10 à 700 pièces d’or, un parchemin de sort que vous avez déjà trouvé 150 fois. Une maladie qu’on retrouve sur Gothic 3 ou encore Two worlds : Des centaines de coffres partout et rien d’intéressant à l’intérieur. Si bien que très vite on à même plus envie de les ouvrir tellement cela ne sert à rien. Pour les quêtes même constat, toujours divisés en Guildes, 90% d’entre elles, se résument à aller chercher un objet, ou vider un donjon. Aucune surprise, aucune véritable histoire de quête avec rebondissement. Seule 10% d’entre elles vous feront sourire, vous étonneront ou vous donneront l’illusion d’avoir participé à quelque chose de grand. Enfin, toujours dans la rubrique des déceptions, les dialogues n’offrent aucunes réelles possibilités de modifier le cours des choses. Il suffit de choisir toute les répliques possibles pour trouver la bonne. On est loin, très loin d’un baldur’s gate ou d’un jeu estampillé black isles studio.
Malgré ce constat un peu amer, j’ai aimé parcourir l’ensemble de la carte du jeu. J’en déduis qu’Oblivion est un mauvais jeu de rôle mais un formidable jeu d’aventure teinté d’éléments rôlistiques. Ce qui est sur, c’est que je ne réinstallerai probablement jamais oblivion sur ma machine, le « replay value » étant nul selon moi. Contrairement aux jeux de rôles d’antan ( Fallout, Planetscape tourment, Baldur’s gate, Arcanum etc..) que j’ai refais au moins 2 ou 3 fois toujours avec un plaisir incroyable. Loin de moi l’idée de penser que c’était mieux avant, mais force est de constater qu’une génération de jeu de rôle comme Oblivion, Gothic 3, Two worlds, ont privilégiés la forme sur le fond. Ils sont incroyablement immersif de part leurs environnements, mais totalement inintéressant sur le fond. Le genre de jeu avec lequel on joue une fois et qui ne sera probablement jamais réinstallé par la suite. Heureusement des titres comme Fallout 3 développé par Bethesda justement gomment en grande partie les défauts d’ Oblivion et montrent que l’on peut associer un design graphique sublime à un système de jeu de rôle solide qui offre une vraie « replay value » au titre. C’est se qui m’amène à penser que si Bethesda prenait la peine de revenir sur un system de jeu basé sur les points d’expériences et en peaufinant leurs quêtes de bout en bout, ils pourraient devenir sans problème le « Black isle » des temps moderne qui fait cruellement défaut aujourd’hui. Au final je vous conseille Oblivion qui mérite largement les éloges que la presse spécialisé lui a accordés. Mais ne nous y trompons pas, Oblivion est un sublime écran de fumé qui ne cache pas grand-chose de passionnant finalement. Une durée de vie incroyable oui, mais d’un ennuie mortel.
